Au-delà des incohérences urbaines évidentes, évoquées dans cet article concernant l’opération d’Ennasr et surtout concernant ce "fameux "axe Hédi Nouira, il faudrait aussi parler d’un autre niveau d’incohérences. Il s’agit des discontinuités d’ordre architectural et stylistique qui prédominent sur cet axe. Cette sensation d’étouffement, provoquée par la hauteur des bâtiments et le manque de retrait, est aussi probablement due au désordre régnant au niveau de la façade urbaine. En effet, les notions de continuité urbaine, de lecture homogène ou d’alignement des ouvertures sont totalement absentes. Aucune homogénéité, aucun ordonnancement n’est respecté. C’est comme si chaque bâtiment était dans un monologue absolu, sans aucun lien avec le contexte urbain qui l’entoure.
Ceci sans parler de l’expression architecturale, où nous avons l’embarras du choix. Entre les façades en mur rideaux, les corniches en pierre, les tuiles et autres colonnes, etc. Tous les genres et les styles s’expriment dans la plus grande exaltation et l’éclectisme le plus extravagant.
L’opération d’Ennasr cumule un nombre incalculable de problèmes : perturbations au niveau de la circulation, sensation d’étouffement, discontinuité au niveau architectural et urbain, etc. En définitive, le chaos le plus généralisé y règne.
Malheureusement, aujourd’hui nous ne pouvons que constater les dégâts. Mais la question que l’on se pose est la suivante : comment éviter ce genre d’erreur à l’avenir ? Comment réfléchir et construire nos villes futures ? Ne faut-il pas définir, comme on le fait concernant les normes d’urbanisme pour imposer les hauteurs, les retraits, etc., des règlements d’ordre stylistiques ? Haussmann l’avait fait à Paris et çela a engendré des avenues homogènes et ordonnancées. Mais une telle démarche pourrait uniformiser toute créativité architecturale et engendrer des quartiers qui se ressembleraient tous… Là aussi le débat reste ouvert !
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